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6 novembre 2007
Michel Desjoyeaux et Emmanuel Le Borgne ont conforté leur position de dauphin derrière Marc Guillemot et Charles Caudrelier. FONCIA a choisi de se décaler dans l’Ouest de l’Espagne sur les traces du leader, afin de contourner une zone de vents faibles au large du Portugal. La nuit prochaine est capitale pour définir la stratégie des trois jours à venir… Si le début de cette Transat Jacques Vabre s’est avéré plutôt lent, le tempo a radicalement changé ce mardi avec la négociation du cap Finisterre, deuxième passage important après Ouessant puisqu’il a non seulement défini une première hiérarchie, mais surtout parce qu’il va désormais permettre aux navigateurs de faire des choix stratégiques. Et ces options vont orienter presque définitivement la trajectoire jusqu’au Pot au Noir équatorial…
Depuis le départ du Havre samedi dernier, les conditions météorologiques ont été assez inhabituelles sur l’Atlantique : un anticyclone centré sur l’Irlande et une dépression au Sud des Açores, en résumé une inversion totale par rapport aux normales saisonnières ! Et cette perturbation qui se comble lentement sur place a tout simplement « coupé le courant » des alizés qui à cette période soufflent des Canaries au Cap Vert… Une fois débordé le plateau continental de la péninsule ibérique, les monocoques IMOCA vont donc opter, soit pour une route « extérieure » en passant à l’Ouest de l’île de Madère, soit « intérieure » en se rapprochant des côtes marocaines pour glisser à l’Est des Canaries, soit « directe » en rasant l’archipel voir en passant au milieu des îles canariennes. Dans les trois cas, les prévisions météorologiques ne sont pas fiables à 100% et surtout, la brise annoncée s’avère inconstante : s’il y a un passage, il sera à niveau ! Ce qui signifie que l’ouverture de la voie sera brève. Si les leaders passent, ils devraient faire le « break » face à leurs poursuivants déjà décalés de plus de cinquante milles, ou alors les premiers vont butter dans une zone de vents erratiques et le peloton va les rattraper… En bref, la nuit prochaine et la journée de mercredi se présentent comme le tournant de cette huitième édition et au vu des fichiers météo, il vaut mieux se situer à l’avant de la flotte… Ce que font avec brio Michel Desjoyeaux et Emmanuel Le Borgne qui ont pu reprendre une partie de leur retard sur Marc Guillemot et Charles Caudrelier, tout en s’éloignant des côtes espagnoles et en augmentant un peu l’avance acquise sur le groupe de tête. FONCIA a ainsi pu prendre le large où le vent est plus stable ce mardi après-midi qu’à la côte, ne concédant plus qu’une dizaine de milles au leader alors que ses poursuivants sont désormais relégués à plus de vingt milles de son tableau arrière.
Michel Desjoyeaux a pu répondre aux questions des journalistes ce mardi à 11h00, alors que FONCIA était au large du cap Finisterre : « C’est particulièrement humide depuis la nuit dernière : on a ramassé dans le noir sans une étoile, le spinnaker pour mettre le gennaker car comme prévu, le vent est rentré fort (plus de quarante nœuds) en approchant de l’Espagne. Nous avons ensuite réduit encore la toile au lever du jour et nous avons empanné : c’est encore un peu chaud comme conditions ! On est allé vite toute la nuit ce qui nous a permis de revenir un peu sur Marc Guillemot et de larguer légèrement Loïck Peyron. Mais rouler le gennaker avec plus trente nœuds, ce n’est pas évident… Surtout à cause de la mer qui est très courte. Depuis le départ, nous n’avons pas eu trop de temps pour nous reposer à cause des manœuvres les deux premiers jours et maintenant à cause de la brise. Nous nous sommes focalisés pour l’instant sur la traversée du golfe de Gascogne, mais maintenant il va falloir choisir notre trajectoire pour négocier Madère et les Canaries. J’attends les fichiers météo en fin d’après-midi ce mardi pour confirmer la route que j’aimerais suivre ces prochains jours. En tous cas, Safran a fait un joli
coup au passage de la pointe de Bretagne, ce qui lui a permis de bénéficier
du vent nouveau avant tout le monde : l’avantage devrait se stabiliser
désormais.
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