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9 novembre 2007
Michel Desjoyeaux et Emmanuel Le Borgne abordaient dans la soirée de vendredi, le passage entre les îles canariennes de Fuerteventura et de Gran Canaria : toujours en seconde position, Foncia a l’opportunité de revenir aux basques du leader dans ce goulet qui pourrait bien s’avérer un point névralgique de cette transat. Sur le papier, le choix des monocoques IMOCA du groupe de tête est plus que logique, quasiment obligatoire ! Car après les vents faibles et erratiques au large du Portugal, ce sont des brises de secteur Est à Nord-est qui se sont installées pour générer du beau temps, un grand soleil, une mer belle et des températures estivales… « Rester au contact de Loïck Peyron qui n’est qu’à deux milles derrière, est très motivant pour continuer à être en permanence aux aguets. Et Marc Guillemot n’a jamais été aussi proche devant depuis la sortie de la Manche et c’est une bonne chose. Quant à l’option au large de Jean Le Cam, nous l’observons avec attention, mais il va devoir passer près du volcan très haut de Tenerife, et cela risque d’être pénalisant… En tous cas, c’est une belle bagarre depuis le départ du Havre et c’est bien ce que nous sommes venus chercher en participant à cette transat ! En ce moment, les conditions de navigation sont nettement plus agréables et FONCIA s’avère très polyvalent face à ses concurrents. Je suis donc très content de son potentiel et nous perdons plus de terrain sur des problèmes de trajectoire que sur de la vitesse pure… » Mais hors de ces conditions de navigation presque idylliques, Michel Desjoyeaux et Emmanuel Le Borgne ont du pain sur la planche avec un leader qui n’est plus qu’à une quinzaine de milles devant (soit une heure et demie environ d’avance) et un poursuivant tenace qui navigue à vue du tableau arrière de FONCIA. La nuit prochaine s’annonce importante car les premiers vont passer au milieu de l’archipel canarien dans une brise qui risque fort d’être perturbée : « Le vent a tendance à mollir depuis que nous approchons de l’archipel canarien mais nous avons choisi les îles les moins élevées pour passer au travers …La flotte est alignée (à l’exception de VM Matériaux) pour se glisser au même endroit : le passage ne devrait pas révolutionner la hiérarchie. Rendez-vous au classement de samedi matin ! »
Particularité à bord de FONCIA, l’absence de routeur à terre pour aider aux choix stratégiques à court et moyen terme. Michel Desjoyeaux a préféré s’autonomiser même si cela demande plus de travail à la table à cartes, afin de se mettre déjà en configuration Vendée Globe où toute aide extérieure est prohibée. « Je me suis toujours battu pour qu’on se débrouille seul à bord puisque nous avons à disposition un grand nombre d’informations par Internet. Ce n’est pas toujours simple et nous avons eu de nombreuses discussions avec Manu sur le choix de route… Pour l’instant, ça se passe bien et cela fait plus réfléchir que de se faire téléguidé : nous sommes au cœur de nos décisions et c’est tout de même plus valorisant ! »
Côté confort, le skipper de FONCIA semble finalement apprécier la sobriété des emménagements intérieurs du monocoque, surtout dans ces conditions de navigation particulièrement sereines. « Certes c’est plutôt simplissime à l’intérieur et il va falloir faire quelques aménagements pour ranger les couverts par exemple ! Mais FONCIA est confortable à la mer, très pratique, il y a de la place pour faire sécher les vêtements… Et il y a une excellente visibilité sur l’extérieur, on peut bien se tenir à l’intérieur : c’est plutôt pas mal, même dans la mer formée ! » Au programme de ce week-end, FONCIA va donc devoir négocier l’archipel des Canaries dont les effets météorologiques s’étendent sur plusieurs dizaines de milles avant et après les îles. Et une fois ce passage (à niveau ?) franchi, ce sont des alizés poussifs et très variables avec lesquels les leaders vont devoir composer : route le long des côtes africaines ou recalage au large ? Les options ne seront pas faciles à prendre car la situation météorologique ne va se stabiliser que lorsque la dépression açorienne va se dissiper, c'est-à-dire pas avant mardi prochain ! De quoi laisser ouvert encore bien des scénarios jusqu’au franchissement du Pot au Noir… encore distant de plus de 1 200 milles, soit au moins cinq jours de mer !
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